Des mesures conçues pour s'adapter aux effets du changement climatique peuvent conduire à des résultats non conformes aux attentes, et les risques de «
maladaptation » ne doivent pas être sous-estimés. La maladaptation est définie par le GIEC comme « un changement dans les systèmes naturels ou humains qui conduit à augmenter la vulnérabilité au
lieu de la réduire ».
Une situation de maladaptation peut par exemple survenir après une erreur de calibrage, c'est-à-dire d’une mauvaise calibration des mesures d’adaptation consécutive à une mauvaise anticipation de la nature ou de l’ampleur des changements futurs ou d’une réponse inadéquate à cette anticipation. Elle peut aussi survenir lorsqu’une mesure d’adaptation a aboutit à un transfert de vulnérabilité d'un système à un autre, ou d'une période à une autre (une mesure peut être positive sur une période et négative ensuite, ou inversement).
Deux sources de maladaptation doivent être distinguées. En premier lieu, une situation de maladaptation ex post peut résulter de décisions tout à fait appropriées compte tenu des informations disponibles ex ante. Du fait de l’incertitude sur les impacts du changement climatique, l’analyse ex ante ne permet en effet souvent que de restreindre l’univers des choix d’adaptation possible, sans le limiter à un seul point. Le choix de la mesure à prendre parmi cet ensemble de mesures compatibles avec l’information disponible ex ante sur le changement climatique relève ensuite d’une forme de pari de la société. Par exemple, il peut
apparaître souhaitable aujourd’hui de mieux réguler les nouvelles constructions dans les zones côtières basses. Pourtant, si on s’aperçoit en 2050 que c’est le scénario le plus optimiste sur la montée du niveau de la mer se réalise, cette mesure d’adaptation pourra apparaître alors comme non adéquate, même si elle est (et reste) désirable aujourd’hui. Ce type de maladaptation n’est pas évitable, et ne peut donner lieu à un regret ex post, dès lors que toute l’information disponible a bien été exploitée ex ante.
En revanche, une situation de maladaptation peut aussi résulter d’un « mauvais choix » ex ante, c'est-à-dire d’une mauvaise prise en compte de l’information disponible, par exemple si des mesures d’adaptation sont mises en place en ne tenant compte que d’un unique scénario climatique, sans inclure l’incertitude, ou encore si les signaux précurseurs de changements climatiques locaux ne sont pas détectés suffisamment pas tôt par les acteurs. Ce type de maladaptation peut donner lieu à un regret ex post, puisque toute l’information disponible n’a pas été correctement exploitée ex ante. Elle pourra être évité, si les méthodologies de développement des stratégies d’adaptation sont bien conçues et correctement mises en oeuvre.
Prendre la mesure du risque de maladaptation consiste notamment à privilégier le choix de stratégies « sans regret », qui permettent de réduire la vulnérabilité au changement climatique tout en ayant des bénéfices immédiats et une efficacité indépendante de l'incertitude sur les évolutions climatiques, ou des stratégies « flexibles » ou « réversibles », que l’on peut modifier en cas d’arrivée de nouvelles informations.
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L’adaptation est restée pendant longtemps le parent pauvre du débat et des politiques sur le changement climatique. Mais la diffusion de l’information sur le
changement climatique amène de nombreux acteurs à s’interroger sur la meilleure manière d’en limiter les conséquences, et on voit éclore une multitude d’initiatives sur l’adaptation, notamment au
niveau local. L’adaptation prend aussi une importance croissante dans la négociation internationale. L’adaptation peut être définie comme «l’ensemble des évolutions d’organisation, de
localisation et de techniques que les sociétés devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques». Elle recouvre des formes d’actions
très variées qui s’appliquent à de nombreux secteurs. Ses problématiques diffèrent suivant les zones et les échelles géographiques et sa mise en œuvre implique de combiner des instruments très
divers
à Cancún par les pays membres de
la convention de l’ONU sur le climat prévoit la mise en place d’une série de mécanismes pour enrayer le changement climatique. En voici les principaux points.