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ENVIRONNEMENT

Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 00:07

P1000540Des mesures conçues pour s'adapter aux effets du changement climatique peuvent conduire à des résultats non conformes aux attentes, et les risques de « maladaptation » ne doivent pas être sous-estimés. La maladaptation est définie par le GIEC comme « un changement dans les systèmes naturels ou humains qui conduit à augmenter la vulnérabilité au lieu de la réduire ».

Une situation de maladaptation peut par exemple survenir après une erreur de calibrage, c'est-à-dire d’une mauvaise calibration des mesures d’adaptation consécutive à une mauvaise anticipation de la nature ou de l’ampleur des changements futurs ou d’une réponse inadéquate à cette anticipation. Elle peut aussi survenir lorsqu’une mesure d’adaptation a aboutit à un transfert de vulnérabilité d'un système à un autre, ou d'une période à une autre (une mesure peut être positive sur une période et négative ensuite, ou inversement).

Deux sources de maladaptation doivent être distinguées. En premier lieu, une situation de maladaptation ex post peut résulter de décisions tout à fait appropriées compte tenu des informations disponibles ex ante. Du fait de l’incertitude sur les impacts du changement climatique, l’analyse ex ante ne permet en effet souvent que de restreindre l’univers des choix d’adaptation possible, sans le limiter à un seul point. Le choix de la mesure à prendre parmi cet ensemble de mesures compatibles avec l’information disponible ex ante sur le changement climatique relève ensuite d’une forme de pari de la société. Par exemple, il peut

apparaître souhaitable aujourd’hui de mieux réguler les nouvelles constructions dans les zones côtières basses. Pourtant, si on s’aperçoit en 2050 que c’est le scénario le plus optimiste sur la montée du niveau de la mer se réalise, cette mesure d’adaptation pourra apparaître alors comme non adéquate, même si elle est (et reste) désirable aujourd’hui. Ce type de maladaptation n’est pas évitable, et ne peut donner lieu à un regret ex post, dès lors que toute l’information disponible a bien été exploitée ex ante.

En revanche, une situation de maladaptation peut aussi résulter d’un « mauvais choix » ex ante, c'est-à-dire d’une mauvaise prise en compte de l’information disponible, par exemple si des mesures d’adaptation sont mises en place en ne tenant compte que d’un unique scénario climatique, sans inclure l’incertitude, ou encore si les signaux précurseurs de changements climatiques locaux ne sont pas détectés suffisamment pas tôt par les acteurs. Ce type de maladaptation peut donner lieu à un regret ex post, puisque toute l’information disponible n’a pas été correctement exploitée ex ante. Elle pourra être évité, si les méthodologies de développement des stratégies d’adaptation sont bien conçues et correctement mises en oeuvre.

Prendre la mesure du risque de maladaptation consiste notamment à privilégier le choix de stratégies « sans regret », qui permettent de réduire la vulnérabilité au changement climatique tout en ayant des bénéfices immédiats et une efficacité indépendante de l'incertitude sur les évolutions climatiques, ou des stratégies « flexibles » ou « réversibles », que l’on peut modifier en cas d’arrivée de nouvelles informations.

Par Komenan Narcisse - Publié dans : ENVIRONNEMENT - Communauté : notre planète et son mal être
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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 23:43

13-copie-1L’adaptation est restée pendant longtemps le parent pauvre du débat et des politiques sur le changement climatique. Mais la diffusion de l’information sur le changement climatique amène de nombreux acteurs à s’interroger sur la meilleure manière d’en limiter les conséquences, et on voit éclore une multitude d’initiatives sur l’adaptation, notamment au niveau local. L’adaptation prend aussi une importance croissante dans la négociation internationale. L’adaptation peut être définie comme «l’ensemble des évolutions d’organisation, de localisation et de techniques que les sociétés devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques». Elle recouvre des formes d’actions très variées qui s’appliquent à de nombreux secteurs. Ses problématiques diffèrent suivant les zones et les échelles géographiques et sa mise en œuvre implique de combiner des instruments très divers

Quel sont les enjeux majeurs pour les stratégies d’adaptation ?

Ils sont au nombre de quatre.

En premier lieu, il faut tenir compte de trois type d’incertitudes qui s’additionnent : celles sur l’évolution future du climat – les impacts attendus du changement climatique étant incomparables selon qu’on se situe dans un scénario de hausse moyenne de +2°C ou de +4°C ; celles sur les conséquences possibles d’un scénario climatique donné au plan local ; et celles sur l’évolution des capacités d’adaptation de nos sociétés dans le futur. L’incertitude impose notamment d’évaluer les mesures d’adaptation en tenant compte du degré de flexibilité qu’elles préservent pour l’action future, à mesure que viendra s’ajouter de l’information supplémentaire.

 

Toutefois, compte tenu des inerties techniques, économiques, politiques, institutionnelles et culturelles, il n’est pas toujours possible de prendre des mesures d’adaptation parfaitement flexibles. Par exemple, la durée de vie du capital dans des secteurs comme les infrastructures, le bâtiment ou la forêt est du même ordre de grandeur que l’échelle de temps du changement climatique. Dans ces cas de figure, il est nécessaire de faire des choix relatifs à l’adaptation en l’absence d’information complète, malgré le risque de «maladaptation» ex post.

 

En troisième lieu, le changement climatique est un processus continu. Par conséquent, la question n’est pas de savoir comment s’adapter à un « nouveau » climat, mais de savoir comment et à quel coût nous pouvons adapter nos sociétés à un climat « sans cesse changeant ». L’adaptation doit donc être comprise comme une politique de transition permanente sur le très long terme. Un plan d’adaptation sur quelques années n’est qu’une étape dans ce processus.

 

Enfin, il est dans certains cas trop coûteux ou techniquement impossible de s’adapter « à la marge » en maintenant à l’identique et au même endroit les activités ou les services existants.

S’adapter au changement climatique requiert souvent des bifurcations vers d’autres activités et/ou d’autres localisations. La présence de bifurcations requiert en particulier que les politiques d’adaptation soient élaborées et conduites dans un cadre intersectoriel. Elle implique également que les impacts à venir du changement climatique soient intégrés dès aujourd’hui dans les choix d’aménagement du territoire et les plans d’urbanisation. La question des transitions entre activités et/ou entre régions devient dès lors un enjeu central.

Par Komenan Narcisse - Publié dans : ENVIRONNEMENT - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 17:29

Le texte adopté changement climatique à Cancún par les pays membres de la convention de l’ONU sur le climat prévoit la mise en place d’une série de mécanismes pour enrayer le changement climatique. En voici les principaux points.

Objectifs pour enrayer le changement climatique:

-        Le texte reconnaît qu’il faut “des réductions importantes” des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter la hausse de la température globale à 2° par rapport aux niveaux pré-industriels.

-       pour atteindre les objectifs préconisés par la science, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 25 à 40% d’ici à 2020, par rapport à 1990. Ce point est inscrit dans le texte consacré au protocole de Kyoto, et donc n’implique par le deuxième plus grand pollueur, les Etats-Unis, qui ne l’ont pas ratifié.

-        Il est nécessaire d’”intensifier les efforts de réduction des émissions de GES pour arriver à l’objectif affiché”.

Révision des objectifs à long terme:  

-      Le texte prévoit de revoir “périodiquement” les objectifs à long terme (limite de 2°C) en fonction: - des connaissances scientifiques, notamment des rapports du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (Giec), - de l’observation des impacts du changement climatique

-          et la possibilité de renforcer cet objectif à 1,5°C

La première révision démarrera en 2013 et devra être achevée en 2015


Avenir du protocole de Kyoto:  

-      les travaux doivent se poursuivre pour “s’assurer qu’il n’y aura pas de délai entre la première période d’engagement” qui s’achève fin 2012, et la deuxième.

Le texte, qui ne dit néanmoins pas clairement qu’il y aura une prolongation après 2012, ne demande pas aux pays industrialisés d’inscrire leurs objectifs chiffrés de réduction d’émissions pour une seconde période.

 

Contrôle des actions prises par les pays en développement pour réduire leurs émissions de GES:  

-     Ces pays, et notamment les grands émergents comme la Chine et l’Inde, “en fonction de leurs capacités” notamment, soumettront des rapports tous les deux ans avec leurs inventaires de gaz à effet de serre, et des informations sur les actions entreprises pour les réduire.

-      Ces rapports seront soumis à des consultations et analyse internationales (ICA), “non intrusives”, “non punitives”, et “dans le respect de la souveraineté nationale”.

Aide aux pays en développement:

-      Création d’un Fonds vert climat pour “soutenir des projets, programmes, politiques des pays en développement”.

Les pays développés ont promis à Copenhague de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, mais l’origine de ces fonds n’a pas encore été identifiée.

-     La Banque mondiale servira d’administrateur intérimaire pour le Fonds durant trois ans.

-     Le Conseil d’administration comptera 24 membres, avec représentation équitable des pays développés et en développement dont les petits Etats insulaires particulièrement exposés au changement climatique.

-     Création d’un Centre de technologie pour le climat (ensemble d’experts chargés de faire des propositions) et d’un réseau (qui sera au plus près des projets sur le terrain) pour développer le savoir-faire sur les nouvelles technologies vertes dans les pays du Sud afin de réduire les émissions de GES et s’adapter aux impacts inévitables du changement climatique.


Réduire la déforestation:

-     Le texte pose l’objectif de “ralentir, arrêter et inverser la perte du couvert forestier”, à l’origine d’environ de 15% à 20% des émissions globales de GES.

-     Il prévoit “la participation” des parties impliquées dans la gestion de la forêt, dont les populations autochtones, mais les mécanismes de contrôle sont plutôt faibles.

-     La possibilité d’utiliser le marché du carbone pour financer ce coûteux mécanisme n’apparaît pas dans le texte.

 

Par Komenan Narcisse - Publié dans : ENVIRONNEMENT - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 19:53

changement-climatique.jpg192 pays sont réunis jusqu’au 10 décembre à Cancún, au Mexique, pour tenter de trouver des solutions aux changements climatiques, qui touchent tous les pays du monde, riches ou pauvres.

15.000 négociateurs, écologistes, hommes d’affaires et journalistes participent à cette 16ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP16) et 6ème réunion des Parties au Protocole de Kyoto (MOP6).

Selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 38% depuis 1990 et pourraient croître de 40% d’ici à 2030 si aucun engagement politique n’est pris.

De plus, les météorologues annoncent une hausse de 2°C à 4°C d’ici à la fin du siècle des températures dues aux conséquences humaines et environnementales considérables. Cela se traduit par une fonte accélérée des glaces, l’élévation du niveau marin, l’acidification des océans, l’érosion massive de la biodiversité.

Un « paquet équilibré » de mesures, comme la lutte contre la déforestation ou encore le transfert de technologies aux pays les plus vulnérables, sera proposé par les dirigeants des 192 pays. Bien loin de l’accord global promis lors de la Conférence de Copenhague, les décideurs sont prêts à avancer pas à pas, mais ne se déplaceront pas, laissant la place à leurs ministres de l’Environnement.

Les experts indiquent que la Conférence de Cancún est la dernière chance pour les dirigeants internationaux de sauver la planète. Selon eux, il est aujourd’hui important d’affirmer la nécessité d’une gouvernance mondiale sur le sujet, et donc de mettre en place une nouvelle diplomatie climatique, car « seul un accord-cadre impliquant toutes les parties du monde sous l’égide de l’ONU nous permettra de répondre aux défis ».

Par Komenan Narcisse - Publié dans : ENVIRONNEMENT - Communauté : Ecologie et Environnement
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 23:53

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L’impact sur la santé d’un projet d’eau et d’assainissement dépend étroitement de son contexte. Il est probable que les bénéfices pour la santé de ces projets soient plus importants si l’une des conditions suivantes est remplie:

 

 

 

         l’eau est livrée à domicile;

         l’ancien point d’eau utilisé est situé à plus de 1 kilomètre;

         il s’agit d’un quartier densément peuplé;

         l’intervention dans le domaine de l’assainissement porte sur l’ensemble du quartier;

         les équipements sont utilisés régulièrement par tous les usagers, y compris les enfants;

         la réalisation des équipements est accompagnée de pratiques améliorées en matière d’hygiène.

 

Il est évident que si l’eau est disponible en quantité suffisante pour les besoins de l’hygiène, la promotion de comportements hygiéniques sera d’elle même facilitée et à moindre coût. Elle le sera d’autant plus si elle est mise en œuvre en même temps que la réalisation des infrastructures d’eau et d’assainissement.

Les études sur l’impact sanitaire ont le plus souvent considéré les actions en matière d’eau et d’assainissement comme étant indépendantes de leurs contextes et n’ont pas pris en compte ces facteurs. En tenant compte de cette limite, on montre néanmoins comment la réduction des affections diarrhéiques attribuables à une hygiène améliorée peut être supérieure à celle d’une action se limitant à l’alimentation en eau. Plus récemment, une étude a stipulé que seul le lavage des mains avec du savon peut réduire l’incidence des diarrhées de 40 %; et réduire le nombre de cas de diarrhées graves (choléra, dysenterie, et autres formes de diarrhée aiguë) de 50 %.

Ceci ne signifie pas que, bien que meilleur marché, les actions pour la promotion de l’hygiène, soient plus économiques et efficaces que l’adduction d’eau et l’assainissement. L’accès à l’eau et l’utilisation d’un équipement sanitaire sont des conditions préalables à l’adoption de bons comportements hygiéniques. Les montants consacrés à la réalisation d’infrastructures pour l’eau et l’assainissement sont tout à fait justifiés d’autant que les avantages vont bien au-delà du domaine sanitaire.

Par Komenan Narcisse - Publié dans : ENVIRONNEMENT - Communauté : Ecologie et Environnement
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