Lors de la conférence des Nations Unies sur le Développement Durable tenue en
juin 2012 à Rio de Janeiro (Brésil) dénommée RIO+20, le concept d’Economie Verte a été adopté par la communauté internationale comme la voie privilégiée pour atteindre efficacement le
développement durable et éradiquer la pauvreté. En outre cette conférence a consacré la nécessité pour l’ensemble des pays du monde de s’engager vers une transition à l’économie
verte.
Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement « l’économie verte vise
l’amélioration du bien être humain et de l’équité sociale tout en réduisant significativement les risques environnementaux et les catastrophes écologiques » (PNUE, 2010).
Dans son expression la plus simple, une économie verte se traduirait par une production à
faible émission de carbone, une utilisation efficiente des ressources énergétique et une inclusion sociale sans équivoque. En d’autres termes, une protection efficace de l’environnement et des
ressources naturelles passe nécessairement par une prise en compte de leur valeur (totale) dans les calculs économiques des projets et toute
activité du secteur agricole, industrielles et des services.
Elle consiste à la mise en œuvre concrète des principes du développement durable dans
l’activité économique. C'est-à-dire les principes d’efficacité économique, d’équité sociale intra et intergénérationnelle et du respect de seuil écologique.
L’économie verte doit être alimentée par les investissements publics et privés qui
préviennent la pollution et les émissions de carbone, encouragent l’efficacité énergétique tout en limitant la perte des ressources de la biodiversité et des services des écosystèmes. Cela est
surtout capital pour les populations pauvres qui dépendent exclusivement des ressources naturelles.
Ces investissements doivent être soutenus par des dépenses publiques, des réformes
politiques et des changements institutionnels, réglementaires et comportementaux.
Une économie verte promeut trois facteurs : une économie durable et avancée et un
bien-être environnemental et social.
L’économie verte devrait contribuer à :
- La Croissance économique durable ;
- Lutter contre la pauvreté par la création d’emplois dans de nouveaux secteurs
- L’Amélioration de l’intégration sociale et du bien-être des populations ;
- La Création des possibilités d’emploi et de travail décent pour tous ;
- La Préservation du bon fonctionnement des écosystèmes de la planète ;
- Assurer la viabilité économique
- Préserver le capital naturel qui soutient les activités humaines
- La Réalisation des OMD
L’économie verte recouvre toutes les activités économiques respectueuses de l’environnement dans des
secteurs traditionnels (ex. bâtiment, transports, agriculture) ou de nouveaux secteurs (ex. recyclage et valorisation des déchets). L’essor d’une économie verte suppose donc le développement
des filières « vertes » par des investissements « verts » ou socialement responsables créateur d’emplois « verts ».
Par filières vertes, on entend l’ensemble des activités économiques (primaire, secondaire
ou tertiaire) impliquées dans la production « durable », c'est-à-dire limitant leurs impacts sur l’environnement.
Les emplois verts sont définis comme des emplois dans l’agriculture, l’industrie, les
services et l’administration qui contribuent à la préservation ou au rétablissement de la qualité de l’environnement.
Ainsi tous les secteurs sont concernés par le « verdissement » de
l’économie : Il s’agit de l’Agriculture, de la Sylviculture, de la Pêche, de l’Energie, du secteur Manufacturier, du secteur des Déchets et du Recyclage, de la Construction, du Transport
et du Tourisme.
La vision du ministère s’inscrit dans la même logique que celle de Rio. Il s’agit
d’engager la Côte d’Ivoire dans un processus irréversible de développement durable. Cela s’est traduit depuis 1992 (Après RIO92) par la mise en place de cadre institutionnel (ministère, agence
d’exécution, programme, CNDD …), de cadre réglementaire (code de l’environnement, décret, EIE, audit), de cadre de consultation du public et le renforcement des capacités des acteurs.
Malgré une adhésion considérable de la part de la société civile, du milieu des affaires et des administrations publiques, son opérationnalisation s’est toutefois révélée une tâche des plus
complexes. Cet engagement a été limité par plusieurs facteurs entre autre :
- La longue crise politico-économique du pays
- La des moyens financiers et technologiques
- Utilisation non durable des ressources non renouvelable Emission de GES
- La faible capacité des acteurs à adopter des modes de production durable
- La faible conscience écologique
- Etc.
Ces limites ont eu des conséquences aussi bien au plan économique, social et
environnemental : on peut souligner:
L’Epuisement continu des ressources naturelles, la pauvreté grandissante, le chômage
accentué des jeunes, la marginalisation sociale continue, les OMD qui sont loin d’être atteint.
Le développement durable demeure encore un but vital à long terme.
Aujourd’hui, pour la Communauté internationale et le gouvernement, le développement
durable passe nécessairement par le verdissement de l’économie
En Côte d’Ivoire, l’engagement à l’émergence d’une économie verte est mis en œuvre par des
politiques concrètes en cohérence avec les plans, stratégies et priorités nationales en matière de développement durable. En effet, le gouvernement ivoirien a inscrit au titre des missions du
Ministère de l’Environnement de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable (MINESUDD), l’impulsion d’une transition du modèle économique national vers une économie verte.
Ainsi, Dès novembre 2011, le Gouvernement Ivoirien a mis en place un cadre institutionnel
permettant de faire la promotion du développement durable et impulser le développement de l’économie verte et de RSE en Côte d’Ivoire : la création de la Direction de l’Economie Verte et
de la Responsabilité Sociétale. La DEVRS se compose des trois sous-directions :
- La Sous-Direction de l’Economie des Ressources Naturelles et Energétique
- La Sous-Direction de l’Innovation et du Développement des Filières Vertes
- La Sous-Direction de la Production et Consommation Responsable
Une transition réussie à l’économie verte nécessite :
- la mise en œuvre des processus de production durable par toutes les entreprises du
secteur privé y compris les Petites et Moyennes Entreprises dans tous les secteurs et en particulier dans ceux mentionnés plus haut.
- la mobilisation de la société civile et notamment des Organisations Non Gouvernementales
(ONG) autour d’initiatives en faveur de l’environnement.
- La Réduction de l’empreinte écologique de l’Etat
- La réduction de la pauvreté
- La réduction du chômage (jeune)
- La réduction des dommages et risques environnementaux
- Une croissance économique à faible émission de carbone
- Mobilisation des capitaux publics, privés et les partenaires bilatéraux et
multilatéraux
La mise en œuvre concrète de l’Economie verte dépend en définitive de la capacité de
mobilisation des acteurs locaux et des entreprises.