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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 23:49

Ce samedi 29 Août 2009 à l’Hôtel Président de Yamoussoukro, à l’occasion de la cérémonie de clôture des premières assises des Etats Généraux de l’Eau potable en Côte d’Ivoire. Le Président Ivoirien Gbagbo Laurent a dit le Discours de clôture. Ici nous avons choisi des morceaux qui présentent l’étendue de la situation et les perspectives futures.

 


"Le sujet de l’eau potable n’est pas seulement un sujet technique. Ce n’est pas un sujet qui appartient, ni à un ministère, ni à un pays. C’est un sujet qui appartient au monde entier. Parce que, dans le futur, nous aurons plus de difficulté, à trouver de l’eau potable, qu’à trouver du pétrole.

Quand vous allez en brousse, pour faire tomber votre palmier raphia, vous êtes dans l’eau! Mais, cette eau-là n’est pas consommable. Parce qu’elle n’est pas propre. Alors, quand vous avez soif, vous pouvez mourir de soif, bien qu’étant arrêté dans l’eau. Le Pêcheur qui prend sa pirogue et qui va en mer, est entouré d’eau de toute part. Mais, quand il a soif, il prend une gourde remplie d’eau. Et quand le contenu de cette gourde finie, il a soif, bien qu’il soit en pleine mer et entouré d’eau. Le fait que les terres du monde soient entourées d’eau, n’est pas une garantie pour avoir de l’eau potable.

Même quand nous faisons venir des fleuves et des rivières, du Bandama à Korhogo, cette eau-là, n’est pas encore potable ! Elle arrive, mais il faut la travailler, la traiter, pour la rendre potable. Tout cela nécessite beaucoup d’argent.

Sur l’eau, particulièrement, il faut que nous réfléchissions encore. Je vous le dis, dans 50 ans, l’eau potable sera plus difficile à trouver que le pétrole. Il n’y aura pas d’eau. Il faut, que les Ivoiriens mettent en place, aujourd’hui, une stratégie, afin que nous ayons, sur le long terme, de l’eau potable à notre disposition. Sinon, nous allons nous auto- empoisonner.

Prenons l’exemple de la FOREXCI, pour parler des zones rurales. Où on a fait des forages, installé des pompes villageoises et où on a décidé de former des gens pour réparer ces pompes au cas où elles tombaient en panne. Aujourd’hui, il y en a combien qui marchent ? Il y a combien de personnes qu’on forme pour réparer ces ouvrages ? Quand vous allez dans des villages, vous trouvez des pompes qui sont en panne depuis longtemps, mais personne ne s’en préoccupe. Les villageoises se tournent vers les marigots, pour s’empoisonner avec les vers de guinée. Ce problème n’émeut personne. Les Préfets et les Sous- Préfets font des rapports, mais, on n’est pas ému. Quand on n’a pas d’argent, on agit comme si le problème n’existe pas. Monsieur le Ministre, vous le disiez fort justement tout à l’heure, ce qui révolte les gens, ce n’est pas tant pas les problèmes ; mais c’est d’avoir l’impression que personne ne s’occupe d’eux. Il faut s’occuper des gens.

Dans 50 ans, l’eau potable risque d’être plus chère que le pétrole. Il faut avoir cela à l’esprit.

Il faut, que nous réfléchissions à des techniques, pour faire en sorte que les eaux de surface soient traitées et mises à la disposition des populations.

Ensuite, il faut qu’on multiplie les techniques pour faire des forages. Dans une ville comme Oumé, on a dû faire des prouesses, vous le savez bien. Tout comme à Ouaraghio, Botro, etc. Il y a même eu des cas de divorce à cause de l’eau. Les femmes, à cause de la rareté de l’eau, étaient obligées de se lever tôt, ou d’attendre des heures tardives, pour aller chercher de l’eau. Tout ceci engendrait des palabres. Bien souvent, ces eaux- là étaient sales. A Boundiali, j’ai vu des gens prendre de l’eau dans des mares, dans des calebasses ; attendaient que les détritus se posent dans le fond de la calebasse avant de boire l’eau. C’était tout simplement de la ‘’maladie qu’ils buvaient’’, et non de l’eau.

Je suis donc venir tenir la sonnette d’alarme. A la faveur de la sortie de crise, il faut faire en sorte que les investissements que nous allons faire dans l’eau, soient des investissements prioritaires. Il faut qu’on classe comme priorité nationale, le fait d’avoir de l’eau.

Je vous assure, cela ne sert à rien d’avoir plusieurs barils de pétrole, plusieurs tonnages de café et de cacao, si on ne peut pas boire. Donc, il faut qu’avec l’argent qu’on gagne dans le pétrole, le café et le cacao, sert, en partie, à être investir dans l’eau. En toute priorité.

Aujourd’hui, nous sommes en train de rattraper cela. Des quartiers comme Yopougon, Abobo, la Djibi, à Abidjan, ont explosé. Nous sommes obligés de courir à gauche et à droite, pour faire des forages et des châteaux d’eau. Mais, nous savons que ce n’est pas cela, la solution. Ceci est valable pour un temps.

C’est juste pour calmer le mal pour un temps ! Mais, ce n’est pas ce qui va calmer le mal. Après, il va falloir chercher les causes réelles de la maladie pour la soigner… Donc, ce que nous faisons pour le moment, en matière d’eau, c’est pour ‘’faire tomber la fièvre’’. Mais, après, il va falloir rechercher les vrais remèdes afin que l’eau soit déclarée priorité nationale.

L’eau potable n’est pas une denrée comme les autres ; une denrée banale. Il faut que le pays s’arme pour avoir ces deux denrées, afin que la vie suive son cours, normalement."

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Published by Komenan Narcisse - dans INVITES
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